Une courte histoire du Mexique

 

Les débuts

 

Les premières traces de présence humaine dans ce qu’on appelle aujourd’hui le Mexique datent d’il y a plus de 30 000 ans. Nous en savons peu de choses, car ces groupes de chasseurs-cueilleurs n’ont pas laissé de traces écrites. La première civilisation majeure de ce territoire est la civilisation Olmèque, qui a prospéré entre -1200 et -500 avant notre ère et s’est répandue sur l’ensemble de la Mésoamérique. Là aussi, l’état des connaissances à leur sujet est plutôt sommaire mais on sait qu’ils possédaient une forme d’écriture et d’État et maîtrisaient des techniques agricoles assez avancées qui ont permis son essor.

 

Suite au déclin de la civilisation Olmèque, d’autres prirent le relais et se partagèrent le territoire : Teotihuacan  et les Toltèques dans la vallée de Mexico, les Mayas dans la péninsule du Yucatán… Ces civilisations avaient des rapports variés, qui allaient de la collaboration commerciale à la guerre en fonction des moments.

 

En 1325 les Aztèques, également désignés sous le terme de Mexicas, fondèrent Mexico-Tenochtitlan, capitale de l’État le plus puissant et le plus étendu qu’ait jusqu’alors connu ce qui n’était pas encore un pays unifié.

 

Les conquistadors et la Nouvelle Espagne

 

Tout change en 1519 avec l’arrivée des conquistadors menés par Hernán Cortès. Avec l’aide décisive de nombreuses tribus ennemies des Aztèques, ils conquièrent le territoire occupé par ceux-ci, et Mexico-Tenochtitlan tombe entre leurs mains en 1521. C’est le début de la guerre de colonisation de ce que les Espagnols nommeront la Nouvelle Espagne et qui, à terme, couvrira un territoire bien plus étendu que celui de l’actuel Mexique (notamment de vastes portions de l’actuel Sud des États-Unis).

 

C’est cette domination de trois siècles de l’Espagne sur le Mexique qui est à l’origine de ce qui constitue aujourd’hui son identité indéniablement métissée. Les missionnaires envoyés par la Couronne n’eurent pas de mal à convertir les populations autochtones, mais la religion catholique telle qu’elle s’est développée au Mexique (et l’ensemble de l’Amérique latine par extension) possède bien entendu une couleur assez différente de celle qu’elle a en Europe et conserve la trace des cultes pré-hispaniques.

 

La population indigène baissa considérablement du fait des travaux forcés auxquels elle était soumise (la découverte de très importantes mines d’argent et la production de canne à sucre et de café à destination de l’Ancien Monde n’y est pas pour rien) ainsi que d’épidémies. Toutes les tribus ne connurent cependant pas le même traitement, celles qui avait aidé les conquistadors s’en sortant nettement mieux.

 

L’Indépendance

 

Au début du 19ème siècle, la Nouvelle Espagne n’est plus exactement sous domination castillane. L’épopée napoléonienne a amené sur le trône d’Espagne Joseph Bonaparte, frère de l’Empereur. C’est au départ en réaction à cette occupation qu’elle juge indigne que la population se rebelle, réclamant le retour du Roi Ferdinand VII. A l’époque, la population se divise entre les créoles, descendants d’Espagnols nés en Amérique, les métis et les indigènes qui en constituent la moitié En 1810, une armée populaire menée par le curé Miguel Hidalgo tente de reprendre le pays des troupes espagnoles qui l’occupent pour le compte des Français. Cette tentative est un échec mais constitue l’étincelle qui allumera la volonté d’auto-détermination du peuple mexicain.

 

Entre septembre et novembre 1813 se tient le Congrès de Chilpancingo, à l’issue duquel est déclarée l’indépendance du Mexique. Mais l’Espagne ne la reconnaîtra qu’en 1836, bien longtemps après la proclamation de l’Empire du Mexique en 1821 et la ratification d’une constitution en 1824. Les indépendantistes se battaient pour le maintien de la religion catholique comme seule religion du Mexique, montrant par là le succès de l’évangélisation du pays au cours des trois siècles d’occupation, et pour la fin des privilèges des Espagnols au profit des métisses.

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